Chercheur Post-Doctorant H/F - Risques Environnementaux et Santé Mentale

8 octobre 2026
Début de mission : 1 décembre 2026
Contractuel uniquement
Quotité de travail : 100%
18 mois

Localisation

74940 Annecy, Auvergne-Rhône-Alpes

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A propos

Avec plus de 15 000 étudiants, une offre de formation pluridisciplinaire riche d’une centaine de diplômes nationaux et des laboratoires de qualité qui la font apparaître dans le classement de Shanghai, l'Université Savoie Mont Blanc, membre de l’alliance européenne UNITA, est un établissement à taille humaine qui conjugue la recherche et la professionnalisation, la proximité avec ses territoires et une large ouverture sur le monde. Sur ses trois campus d’Annecy, du Bourget-du-Lac et de Jacob-Bellecombette (Chambéry), elle propose différents cursus courts et longs (Diplômes d’université, Bachelors universitaires de technologie, Licences, Masters, Doctorats, Diplômes d'ingénieurs) que ce soit en formation initiale ou continue, en alternance ou via diverses validations, en présentiel ou à distance.

L’Institut de Recherche en Gestion et Économie (IREGE) est une Unité de Recherche (UR) de l’Université Savoie Mont Blanc (USMB). Les chercheurs de l’IREGE, gestionnaires et économistes, développent des recherches autour du thème fédérateur « Choix environnementaux et d’innovations » au sein de deux grands axes thématiques bidisciplinaires : Environnement, Consommation Durable, Tourisme (ECDT) et Innovation & Développement des Organisations (IDO). Ces recherches contribuent à mieux comprendre l’adoption de démarches innovantes et responsables aux échelles individuelle, organisationnelle et sociétale et à en évaluer les effets, notamment lorsqu’elles sont incitées par des politiques publiques. Le projet ANR ECOS, dont l’IREGE et l’USMB sont partenaires, s’inscrit dans ces thématiques de recherche.

Votre mission

Ref Emploi : IREGERESM
Affectation : Laboratoire IREGE (composante d’affectation : IAE Savoie Mont Blanc) - 4 chemin de Bellevue - 74944 Annecy-le-Vieux Cedex


I. Description du projet et activités de recherche associées

Le changement climatique modifie l’environnement et affecte les populations. Dans certaines régions, les événements physiques liés au changement climatique (les sécheresses, les inondations ou les températures élevées) ont des effets directs sur les populations (Patz et al., 2005), transforment les conditions de vie (GIEC, 2022) et accroissent les risques environnementaux (World Meteorological Organization, 2024). Les sociétés doivent ainsi opérer des arbitrages entre adaptation et atténuation, conduisant les individus soit à réduire leur vulnérabilité face aux conséquences du changement climatique, soit à adapter leurs comportements afin d’agir sur ses causes et de réduire leur empreinte carbone (Frankhauser, 2017).

Au-delà des changements de mode de vie, le changement climatique affecte directement la santé humaine. Si ses effets physiques sur la santé sont désormais bien documentés (McMichael et al., 2006 ; Romanello et al., 2022), ses conséquences qui vont au-delà des atteintes physiques restent encore insuffisamment étudiées et constituent un domaine de recherche en plein développement (Clayton et al., 2021). La recherche s’intéresse notamment aux effets du changement climatique sur la santé mentale (Clayton, 2021), qui peuvent se manifester par deux voies principales (Berry et al., 2010 ; Palinkas et Wong, 2020). Le changement climatique peut affecter directement la santé mentale à la suite d’événements climatiques majeurs tels que les inondations, les vagues de chaleur ou les ouragans. Ces effets directs sont généralement associés à des manifestations aiguës de troubles de santé mentale, notamment les traumatismes psychologiques et les troubles de stress post-traumatique (TSPT). Par ailleurs, le changement climatique peut affecter indirectement la santé mentale par l’apparition de problèmes de santé physique ou par la dégradation de l’environnement social et communautaire. Le fait d’être témoin des effets du changement climatique sur autrui peut également avoir des répercussions indirectes sur la santé mentale des individus (Clayton, 2021). Ces effets indirects sont généralement décrits par Berry et al. (2010) comme étant plus chroniques et insidieux.

Ces travaux ont conduit à l’émergence d’un nouveau concept : l’éco-anxiété (Boluda-Verdu et al., 2022). L’éco-anxiété ou anxiété climatique désigne une réponse émotionnelle caractérisée par de la préoccupation, de l’inquiétude, de l’anxiété et de la peur face aux menaces liées au changement climatique et à la dégradation de l’environnement. Il n’existe toutefois pas de définition standardisée de ce concept. Clayton et al. (2017) décrivent l’anxiété climatique comme une « peur chronique d’un effondrement environnemental », tandis que Duggal (2022) la définit comme une « inquiétude extrême concernant les dommages actuels et futurs causés à l’environnement par le changement climatique ». De manière générale, ce phénomène peut être considéré soit comme une réponse normale et adaptative susceptible de favoriser les comportements pro-environnementaux, soit comme une source de détresse psychologique. La littérature montre que, parmi d’autres déterminants, les facteurs psychologiques influencent les comportements pro-environnementaux (Blankenberg & Alhusen, 2019). D’un point de vue théorique, le concept d’éco-anxiété ou anxiété climatique ne fait toutefois pas encore l’objet d’un consensus. Des recherches supplémentaires sont nécessaires afin d’explorer ses deux dimensions, allant d’une réponse adaptative susceptible ou non de favoriser les comportements pro-environnementaux à une véritable source de détresse psychologique. Par ailleurs, l’économie ne s’est encore que marginalement intéressée à cette question, alors même que les perceptions et les émotions liées à l’environnement influencent significativement les comportements individuels ainsi que l’acceptabilité des politiques publiques.

D’un point de vue empirique, bien que la littérature ait mis en évidence des corrélations significatives entre les manifestations du changement climatique et différents indicateurs de santé mentale, peu d’études ont permis d’identifier de manière rigoureuse une relation causale présentant un niveau élevé de validité externe. Les études portant sur des contextes spécifiques limitent en effet la généralisation des résultats à des populations plus larges. En outre, les interventions visant à atténuer les effets négatifs de l’éco-anxiété ou anxiété climatique restent encore peu étudiées et ont rarement fait l’objet d’une évaluation expérimentale. La relation entre les manifestations du changement climatique et la santé mentale mérite donc d’être approfondie, car elle soulève des questions critiques et urgentes dans des sociétés confrontées à une crise de la santé mentale et à une intensification des risques environnementaux (Acemoglu, 2024). Premièrement, les enjeux de santé publique associés à cette question sont considérables dans un monde où la santé et le bien-être constituent l’un des Objectifs de Développement Durable. Deuxièmement, la lutte contre le changement climatique nécessitera une mobilisation des citoyens et, par conséquent, l’acceptabilité des politiques publiques, laquelle est étroitement liée aux perceptions et aux expériences individuelles.

L’objectif du post-doctorat sera d’étudier les déterminants de l’éco-anxiété ou anxiété climatique, ainsi que ses effets sous-jacents sur les comportements et les préférences économiques.


II. Missions et activités du poste

Le post-doctorant ou la post-doctorante contribuera de manière significative, en tant que co-auteur ou co-autrice, aux projets de recherche en cours de la chaire sur les risques environnementaux et la santé mentale. Ses missions incluront notamment, sans s’y limiter, la collecte de données au moyen d’enquêtes et d’expériences économiques, l’analyse des données à l’aide de méthodes statistiques avancées, notamment économétriques, ainsi que la rédaction d’articles scientifiques. Le post-doctorant ou la post-doctorante sera également amené.e à piloter un projet collaboratif de type Many-Researcher Project. Le poste comprendra par ailleurs des missions d’accompagnement de stagiaires susceptibles de contribuer au projet


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Le profil idéal

I. Conditions d’exercice

Le post-doctorant ou la post-doctorante sera amené.e à travailler à temps plein sur des projets liés au poste et au projet de recherche en cours de la chaire sur les risques environnementaux et la santé mentale, avec pour mission d’avancer et de contribuer significativement à au moins deux projets prioritaires. Toute recherche indépendante devrait être menée en dehors des heures de travail régulières et gérée de manière à ne pas entraver sa contribution active aux projets d’EIOSE, évitant ainsi tout conflit d’engagement.

II. Compétences attendues

• Doctorat en économie, statistiques, psychologie, sciences de la décision, science politique, ou tout autre domaine scientifique pertinent.

• Activité de recherche prouvée (publications ou documents de travail).

• Connaissance et expérience des pratiques de Science Ouverte et Méta-Science (par exemple, pré-enregistrement et Registered Reports).

• Solides compétences en analyse quantitative et de données. Un intérêt et une expérience dans la formation/optimisation de modèles d'apprentissage automatique seraient également appréciés.

• Un intérêt et une connaissance en modélisation théorique économique serait un plus.

• Solides compétences en codage et expérience avec les langages de logiciels statistiques (R, Stata, ou Python).

• Capacités de leadership et excellentes compétences en communication, avec de fortes capacités d'adaptabilité et d'initiative.

• Excellente maîtrise de l'anglais.



III. Conditions de recrutement

Le recrutement est ouvert aux personnes titulaires d’un doctorat délivré par une université française, ou d’un diplôme reconnu équivalent par l’université, notamment un doctorat ou PhD délivré par une université étrangère.

Contrat de niveau A à durée déterminée (18 mois) du 01/12/2026 au 30/05/2028 à temps plein. les deux premiers mois du contrat seront considérés comme période d’essai.


V. Comment candidater

Transmettre les documents suivants dans un fichier pdf unique nommé IREGERESM_NOM PRENOM :

  • Lettre de motivation,

  • Curriculum vitae détaillé,

  • Copie(s) du ou des diplômes,

  • Rapport de soutenance de thèse,

  • Un exemplaire de travail de recherche (working paper ou article publié),

  • Deux références académiques

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